Les femmes dans l’histoire de la chimie
Il y a 120 ans, Marie Skłodowska-Curie remportait le prix Nobel de physique. Ce fut le premier prix Nobel attribué à une femme, son mari refusant de le recevoir seul et déclarant : « C’est elle qui a eu le courage d’entreprendre la recherche chimique des éléments nouveaux, elle a fait tous les fractionnements nécessaires pour la séparation du radium et déterminé le poids atomique de ce métal, (…). Il me semble que si nous n’étions pas considérés comme solidaires dans le cas actuel, ce serait déclarer en quelque sorte qu’elle a seulement rempli le rôle de préparateur, ce qui serait inexact ». Pour honorer la mémoire de cette grande chimiste, plongeons dans l’histoire des femmes et de la chimie. Les premières diplômées En 1905, Rona Robinson (1884-1962) devient la première femme du Royaume-Uni à obtenir un diplôme mention first class (très bien avec félicitations du jury) en chimie. À travers ses recherches portant sur les teintures, elle ouvre la voie de la chimie à de nombreuses autres femmes. Parmi elles, Mary Elliott Hill (1907-1969) devient la première femme afro-américaine à être diplômée d’un master en chimie et développe avec son mari la synthèse de cétènes, molécules précurseurs de plastiques tels que les polyesters. Asima Chatterjee (1917-2006) sera quant à elle la première femme doctorante en Inde pour ses travaux sur la médecine d’origine végétale, qui mèneront entre autres à la synthèse de médicaments luttant contre l’épilepsie. Les premiers prix Nobel Marie Skłodowska-Curie (1867-1934) est la première femme à obtenir un prix Nobel de chimie en 1911 pour avoir découvert, isolé et étudié le radium. Elle devient ainsi la première personne à recevoir deux prix Nobel dans des domaines différents. Forte de cette découverte, elle développe la curiethérapie, consistant à implanter temporairement de fines aiguilles contenant du radium dans le corps afin de traiter localement les tumeurs. Pendant la Première Guerre mondiale, elle mettra en place des installations mobiles de radiologie, les « petites curies » qui permettent de sauver de nombreuses vies. Sa fille Irène Juliot-Curie (1897-1956) suit ses traces deux décennies plus tard en étant la deuxième femme à obtenir un prix Nobel de chimie – en 1935 avec son mari Frédéric Juliot-Curie – pour la découverte de la radioactivité artificielle. Ils furent ainsi les premiers à prouver qu’il est possible de produire artificiellement des éléments radioactifs en laboratoire. Irène prendra en 1946 la direction du laboratoire Curie de l’Institut du radium. Dorothy Crowfoot Hodgkin (1910-1994) est une chimiste britannique s’illustrant dans la détermination par diffraction des rayons X de la structure tridimensionnelle de molécules complexes. Elle identifie par exemple les structures de la pénicilline, de la vitamine B12 et de l’insuline et devient en 1946 la troisième femme à obtenir un prix Nobel de chimie. Et celles ne l’ayant pas eu… Rosalind Elsie Franklin (1920-1958) est une chimiste et physicienne britannique utilisant son expertise en cristallographie aux rayons X pour l’étude de l’ADN. Elle découvre ainsi la structure de l’ADN avec Raymond Gosling, mais choisit de quitter King’s College et son nom est écarté de la découverte de la double hélice de l’ADN, le directeur exigeant que ses travaux y demeurent. Elle meurt ainsi avant que ses collègues ne remportent un prix Nobel en s’inspirant de ses travaux. Rebeca Gerschman (1903-1986) est une scientifique argentine ayant découvert la toxicité de l’oxygène avec le chimiste Daniel Gilbert. Elle est nominée pour le prix Nobel mais meurt peu avant qu’il ne soit attribué. Pionnières dans le domaine médical L’ouverture de la science aux femmes permet de grandes découvertes dans le domaine médical. Parmi ces pionnières, Margarita Salas (1938-2019) est une biochimiste espagnole ayant inventé un processus d’amplification des traces ADN, permettant ainsi de mieux comprendre le rôle de l’ADN. Alma Levant Hayden (1927-1967) est quant à elle l’une des premières scientifiques afro-américaines à intégrer une agence scientifique nationale. Ses travaux conduisent à la détection de stéroïdes éventuellement présents dans l’urine. Milden Cohn (1913-2009) est une biochimiste américaine ayant utilisé la résonnance magnétique nucléaire (ou RMN) pour étudier les réactions des protéines et enzymes dans le corps humain. Enfin, Ruby Hirose (1904-1960) est une biochimiste et bactériologiste américaine dont les recherches sur les anti-toxines et les sérums ont permis de développer un vaccin contre la poliomyélite, menant à son éradication quasi-totale. Et dans d’autres domaines… Katsuko Saruhashi (1920-2007) est une géochimiste japonaise, première scientifique à mesurer le taux de dioxyde de carbone et d’isotopes radioactifs présents dans la mer. Frances Arnold (1956-) est quant à elle une ingénieure en biochimie ayant obtenu le prix Nobel de chimie en 2018 pour ses travaux portant sur l’évolution dirigée des enzymes, ces dernières étant utilisées pour synthétiser des substances chimiques comme des carburants renouvelables. Une reconnaissance croissante Ces dernières années, les femmes s’imposent de plus en plus dans le monde de la chimie, comme le montre la remise du prix Nobel 2020 pour Emmanuelle Charpentier et Jennifer Doudna, ainsi que du prix Nobel 2022 pour Carolyn R.Bertozzi. Par ailleurs, le nombre de femmes chimistes continue d’augmenter : Chimie Perspectives croit en cette possibilité de mixité et c’est pour cela que nous avons signé une charte de mixité aux cotés de #JamaisSansElles. Bibliographie https://musee.curie.fr/decouvrir/la-famille-curie/les-prix-nobel-des-curie-et-des-joliot-curie https://culturesciences.chimie.ens.fr/thematiques/histoire-de-la-chimie/quelques-femmes-dans-l-histoire-de-la-chimie Biographie | Rosalind Elsie Franklin – Chimiste, biologiste moléculaire, cristallographe | Futura Santé (futura-sciences.com) https://nobelprize.org
Retour d’expérience Camille Mesnager
1°) Peux-tu te présenter ? Je m’appelle Camille Mesnager et j’ai obtenu mon diplôme en 2016. Je travaille actuellement en tant qu’ingénieure en recherche et développement chez SEFPRO, une entité de Saint-Gobain spécialisée dans les matériaux réfractaires utilisés dans la construction de fours verriers. 2°) Peux-tu décrire ton parcours professionnel ? En 2016, j’ai choisi de suivre les options « Matériaux du patrimoine » et « Ingénierie des matériaux » à CP. J’ai effectué un stage en troisième au collège chez un maître verrier, ce qui m’a passionnée et m’a donné envie de travailler sur ce matériau en particulier. J’ai donc postulé pour un stage chez Saint-Gobain Recherche Compiègne lors de ma dernière année d’école. Ce stage consistait à augmenter les cadences de perçage et de meulage du verre pour pare-brises. Ensuite, j’ai effectué une VIE (Volontariat International en Entreprise) aux États-Unis chez Sageglass, toujours dans le domaine de la recherche et développement chez Saint-Gobain, pendant un an et demi. J’ai ensuite été embauchée chez Saint-Gobain Glass Italy, où j’ai travaillé pendant trois ans en tant qu’ingénieure en développement et procédés sur la ligne magnétron de Pise (revêtement sur feuille de verre). Je souhaitais revenir vers un métier moins opérationnel, où je pourrais développer des produits à une échelle allant du laboratoire à l’échelle industrielle. Je travaille depuis un an et demi chez SEFPRO, au sein du centre de recherche Saint-Gobain Recherche Provence, un centre spécialisé dans la recherche et le développement de produits céramiques. 3°) Peux-tu présenter ton métier actuel à Saint Gobain ? Mon métier actuel se situe à l’interface entre la recherche en laboratoire et le développement industriel de produits réfractaires pour les fours verriers. C’est un métier pluridisciplinaire et multitâches. Mon travail consiste principalement à développer de nouveaux produits et procédés pour une usine française de produits réfractaires frittés. Les contraintes environnementales et climatiques actuelles sont prises en compte dans l’ensemble des projets de Saint-Gobain. Nous cherchons à utiliser des énergies décarbonées afin de réduire les émissions de CO2 des fours verriers. Un de mes autres projets est de comprendre le comportement de nos matériaux actuels lors de la combustion de l’hydrogène. Des essais ont été réalisés la semaine dernière en Allemagne (voir lien ci-dessous). https://www.capital.fr/entreprises-marches/saint-gobain-realise-la-premiere-production-de-verre-plat-avec-plus-de-30-dhydrogene-1464386 4°) Quel profil est recherché pour exercer ce métier à Saint-Gobain ? Le métier que j’exerce est très spécifique et nécessite une connaissance approfondie des notions thermomécaniques, de la physicochimie des matériaux, de la formulation des matériaux céramiques et du frittage, de la chimie des additifs, des interactions de surface, de la cristallographie, de la simulation thermochimique, des procédés, de l’instrumentation, et bien d’autres encore. Il faut avant tout faire preuve d’adaptabilité, car il y a de nombreuses notions que je n’avais pas revues depuis la classe préparatoire. Le travail d’équipe et le soutien technique au sein du centre sont primordiaux pour obtenir des réponses à mes questions. Selon moi, pour occuper ce type de poste, il est important d’avoir des connaissances générales dans plusieurs domaines scientifiques et d’être capable d’apprendre rapidement, de communiquer efficacement et d’avoir une forte capacité organisationnelle pour jongler entre les différents sujets sans se perdre. Même si je n’ai pas de thèse, mes acquis de classe préparatoire m’ont beaucoup aidée. 5°) Qu’est-ce qui, dans ton parcours t’a aidé à acquérir les compétences et qualités nécessaires pour exercer le métier d’ingénieur R&D dans le domaine du verre ? Au-delà de la littérature, je pense qu’il n’y a rien de plus formateur que de discuter avec des experts techniques et de se former directement auprès des membres de l’équipe. Mon expérience en production m’a aidée à gérer les sujets urgents et à établir des priorités. L’autonomie s’acquiert avec le temps et l’expérience technique accumulée. Il est très important, au début, de réaliser ses propres manipulations afin de mieux comprendre les produits et d’appréhender la marche à suivre pour les améliorer. Enfin, nous bénéficions également de formations annuelles. Dans mon cas, une formation spécialisée sur le verre est dispensée à l’ensemble des collaborateurs travaillant de près ou de loin avec ce matériau. 6°) Pourquoi avoir choisi Saint-Gobain ? En général, l’ambiance au sein des équipes de Saint-Gobain est bonne, et c’est aussi ce qui fait que je reste dans l’entreprise. Si le travail est bien réalisé, nous avons la possibilité d’évoluer. La mobilité est une valeur appréciée chez Saint-Gobain. Personnellement, j’ai été très bien accueillie lorsque j’étais stagiaire en 2016, et les ressources humaines locales m’ont trouvé une mission en VIE à la fin de mon stage. L’autre stagiaire avec qui je travaillais a été directement embauché dans le centre. Je le constate également aujourd’hui : l’équipe RH attache une grande importance à repérer de nouveaux talents et à les garder au sein du groupe. De nombreux ateliers sont mis en place pour aider les stagiaires à trouver le parcours qui leur convient le mieux. 7°) Qu’est-ce qui, pour toi, rend le secteur du verre attractif d’un point de vue scientifique ou d’un point de vue du secteur professionnel en lui-même ? Le verre est un matériau un peu particulier sur lequel les scientifiques n’ont pas encore tranché quant à sa catégorisation. Certains le considèrent comme une céramique, d’autres non. C’est un domaine où l’apprentissage des propriétés du verre est constant et où les procédés de mise en forme sont nombreux. On peut lui appliquer un revêtement, le tremper pour augmenter sa résistance mécanique, le feuilleter pour accroître la sécurité des utilisateurs (comme dans les pare-brises) ou encore l’utiliser comme isolant dans la laine de verre. La façon de le façonner diffère considérablement en fonction de l’application visée, ce qui en fait un matériau extrêmement intéressant. Dans mon cas, j’étudie l’interaction entre le verre et les matériaux réfractaires à haute température. 8°) Pourquoi avoir choisi la R&D ? La recherche et développement me permettent d’acquérir quotidiennement de nombreuses connaissances techniques. Mon métier se situe actuellement à l’interface entre le marketing, l’usine, les laboratoires d’analyse, nos clients fabricants de verre et la recherche. C’est précisément ce qui m’intéresse dans la recherche et
Interview de Benoît Quinard, alumni de Chimie Paris
Retour d’expérience Fiche métier Saint-Gobain 1°) Peux-tu te présenter ? Je m’appelle Benoît Quinard. Je suis un alumni de Chimie Paris (CP) (promo 2016) que j’ai intégré après une prépa PC. J’ai effectué un double diplôme à Jussieu pour le M2 (2ème année de Master). J’ai une préférence pour la chimie organique et les sciences des matériaux (notamment l’électronique) d’où un parcours M2 plutôt axé sur les matériaux moléculaires. 2°) Peux-tu décrire ton parcours professionnel ? J’ai d’abord réalisé un stage M1 à l’IMS (Institute for Molecular Science) au Japon sur des transistors à base de monocouches moléculaires. J’ai ensuite effectué un stage de M2 à l’Unité Mixte de Physique CNRS-Thales sur des jonctions tunnel à base de monocouches moléculaires auto-assemblées (électronique moléculaire avec du magnétisme). J’ai poursuivi en thèse sur le même sujet. Enfin, j’ai fait un petit post-doc Covid dans le même laboratoire et j’ai été embauché à Saint-Gobain Recherche (SGR) en 2021. 3°) Peux-tu présenter ton métier actuel à Saint-Gobain ? Je suis ingénieur de recherche en couches minces. Le gros du travail consiste à fabriquer des empilements de couches minces nanométriques avec des propriétés optoélectroniques particulières pour conférer des fonctionnalités nouvelles à des substrats. La plus grande partie de ces activités se concentre sur l’optique et le contrôle des transferts thermiques du verre mais il y a beaucoup d’autres sujets qui s’écartent de ce cœur de métier. Une particularité personnelle est que je travaille sur l’amélioration des procédés (pulvérisation cathodique par exemple) plutôt que sur les empilements produits. Un plus que j’apprécie est qu’on est fréquemment amenés à conduire des essais sur des lignes de production industrielles. 4°) Quel profil est recherché pour exercer ce métier à Saint-Gobain (qualifications, qualités) ? Avoir un doctorat est quasiment obligatoire à quelques rares exceptions près. Les qualités sont j’imagine celles attendues d’un docteur : Curiosité et capacité à apprendre : il faut savoir appréhender de nouvelles thématiques fréquemment et parfois en proposer de nouvelles. Organisation : on a souvent plusieurs projets en même temps donc il faut apprendre à gérer plusieurs thématiques différentes à la fois. Capacité à collaborer : on est parfois nombreux à interagir sur une étude donnée et il faut être capable d’avoir un bon esprit d’équipe avec des interlocuteurs variés (R&D, usine, marketing…). Savoir identifier vers quelles personnes se tourner pour obtenir des conseils et des infos est particulièrement précieux. Ce qu’on appelle le “sens du client” : comprendre les attentes des personnes qui nous confient des études, adapter le travail de recherche en fonction et être capable de fournir des livrables (présentations et notes techniques) bien rédigés, en français ou en anglais. Concernant les thématiques scientifiques, elles sont très variées à l’échelle du centre : il y a des groupes axés sur la chimie qui travaillent sur des formulations de polymères (composites, adhésifs…) ou de ciments, des groupes qui travaillent sur la fabrication du verre ou de céramiques de spécialité… Concernant les couches minces, il faut avoir des bases en optique, en électronique et en matériaux (cristallinité, théorie des bandes…) mais rien qui ne puisse s’apprendre “sur le tas” avec quelques bases. Savoir coder peut servir mais ce n’est pas indispensable. 5°) Qu’est ce qui, dans ton parcours, t’a aidé à acquérir les compétences et qualités nécessaires pour exercer ton métier ? Pour la curiosité et la culture scientifique, le cursus de CP est très bien. Pour les méthodes de travail et la capacité à faire de la recherche, la thèse est assez incontournable. Après, ce sont souvent des cas particuliers : j’ai été amené à bidouiller des bâtis de dépôt pendant ma thèse, ce qui m’a orienté vers un poste un peu plus axé procédés de dépôt. Quelqu’un qui aurait fait beaucoup d’optique se serait plutôt orienté vers un poste correspondant à ses connaissances. Une fois en place, il est toujours possible de discuter pour être amené à travailler sur des études plus proches de ses domaines de compétence. 6°) Pourquoi avoir choisi Saint-Gobain ? Il y a une vraie valorisation des profils d’ingénieur-docteur à SGR, ce qui n’est pas forcément très répandu ailleurs. Il y a des thématiques de recherche variées et donc des postes pour de nombreux profils différents, ainsi qu’une bonne culture de la recherche. La moyenne d’âge est assez jeune. En termes d’interactions sociales et d’ambiance, c’est très agréable. Les applications sont souvent tournées vers l’amélioration de la performance énergétique ou de la sobriété de matériaux de construction, c’est donc un peu plus sympa en termes environnementaux et sociaux que de faire du pétrole ou du shampoing. 7°) Qu’est ce qui attire le plus chez les stagiaires venant de Chimie ParisTech ? Ils sont généralement curieux, autonomes, vifs et s’intègrent bien. Le cursus de CP est en bonne adéquation avec la plupart des thématiques scientifiques de SGR, ce qui leur permet d’être à l’aise. Je n’ai jamais entendu de critique majeure à propos de l’un d’entre eux. 8°) Peux-tu expliciter les attentes vis-à-vis d’un stagiaire pendant le stage (qualités personnels, forme du travail réalisé durant le stage et rôle du stagiaire dans l’activité de l’entreprise) ? Pour moi la plupart des attentes correspondent aux qualités précédemment évoquées. A cela il faut ajouter des attentes sur les aspects humains, c’est personnellement important pour moi que le stagiaire s’intègre bien à l’équipe d’accueil. Cela rend l’expérience plus agréable et cela facilite l’obtention d’aide sur les manips et les concepts. 9°) Peux-tu expliciter le décalage que tu as observé entre les attentes de ces stagiaires et le contenu de leur travail ? Il peut selon moi y avoir deux types de décalages : Décalage scientifique entre les attentes du stagiaire et la nature de la recherche pratiquée à SGR. SGR reste une entité industrielle où la recherche est au service de l’amélioration ou du développement de nouveaux produits, avec les restrictions scientifiques que cela amène. Il faut donc essayer de bien cerner au préalable le contenu thématique du stage, et l’aborder en ayant conscience qu’on ne va pas nécessairement travailler avec des concepts à la pointe de la recherche
La chimie verte
Introduction Au cours du XXème siècle et plus particulièrement après la Seconde Guerre mondiale, l’industrie chimique connaît un véritable essor. Cependant, l’utilisation croissante de produits chimiques dans les procédés industriels conduit à une forte augmentation du nombre d’accidents générant de fortes pollutions de l’eau, de l’air et des sols. L’image de la chimie s’en trouve dégradée auprès du grand public, mais tous ces dégâts environnementaux et humains deviennent les prémices d’une prise de conscience collective permettant de mettre en œuvre une véritable révision des principes de la chimie. I – Le concept de chimie verte C’est ainsi qu’est créé en 1990 aux États-Unis le concept de chimie verte (« green chemistry » en anglais). Axée sur douze principes bien précis, cette nouvelle approche de la chimie permet de définir un cadre aux activités chimiques, et ainsi de limiter ses impacts environnementaux et sanitaires. Ces douze principes ont été développés par les chimistes américains P. Anastas et J. Warner, et reposent entre autres sur la prévention, l’économie d’atomes, la recherche d’un rendement énergétique élevé et la manipulation de composés moins polluants, moins dangereux. II – La revalorisation des déchets L’utilisation de ressources renouvelables est également au cœur des préoccupations de la chimie verte au vu des enjeux climatiques actuels. Tout en s’appuyant sur les énergies renouvelables, la chimie verte s’articule également autour de l’utilisation de certaines ressources abondantes qui ne sont pourtant pas mises en valeur. Le dioxyde de carbone, tant décrié pour son effet contributif à l’effet de serre, peut par exemple être valorisé comme réfrigérant industriel dans les domaines de l’agroalimentaire, du bâtiment ou encore dans les supermarchés : il est ainsi possible de réduire l’impact environnemental d’un bâtiment jusqu’à 15%. Par ailleurs, des chercheurs californiens sont parvenus à synthétiser du plastique à partir de ce gaz à effet de serre : il s’agit donc non seulement de diminuer les déchets produits par l’industrie chimique mais également de revaloriser ceux-ci en leur donnant une nouvelle utilité dans la production industrielle. Conclusion À travers toutes ses applications, la chimie verte nous permet donc d’envisager une approche de la chimie plus vertueuse et responsable. Elle nous fait transparaître un monde où le pétrole serait remplacé par des microalgues, où le CO2 deviendrait notre meilleur allié énergétique et où sûreté recyclage seraient les premiers moteurs de la recherche. Sources Harvard Business Review – La chimie verte : moins d’impacts écologiques, plus d’avantage compétitif ; culturesciences.chimie.ens.fr – Introduction à la chimie verte.
La part de Chimie Perspectives
Je salue les Junior-Entrepreneurs qui s’engagent déjà pour les problématiques environnementales et sociales de notre ère, quel que soit l’échelle de leurs actions, et invite ceux qui n’osent pas agir, par peur d’en faire trop peu, par peur de ne pas faire bien, à rejoindre l’état d’esprit du colibri : peu importe les moqueries ou les résultats qu’auront vos actions, essayez, tentez, recommencez, échouez.
Le renouveau de notre Junior-Entreprise
Une nouvelle stratégie… Suite à la crise sanitaire, la Junior-Entreprise de Chimie ParisTech-PSL souhaite intégrer davantage les questionnements autour de la RSE (Responsabilité Sociétale des Entreprises). Ainsi, pendant des mois, à l’aide de DeVinci Junior, la Junior-Entreprise de l’école DeVinci, nous avons cherché à faire retranscrire nos objectifs écologiques et sociétaux à travers un renouvellement de notre identité visuelle. En effet, nous avons pris position afin de faire respecter les engagements sociétaux et environnementaux dans toutes les études que nous réalisons, il est devenu nécessaire de créer une nouvelle image de Chimie Perspectives. Nous avons ainsi travaillé à créer un logo plus sympathique, une belle charte graphique ainsi qu’un nouveau site internet ! et une nouvelle charte graphique ! Cette nouvelle identité se veut innovante, légère et dynamique, tout en gardant le lien avec notre passé. Ainsi, notre logo reprend l’atome et l’hexagone (molécule cyclique en chimie) qui nous caractérisaient, tout en redéfinissant les limites de ce dernier. En ouvrant cet hexagone, nous nous ouvrons au monde de demain : vous l’avez vu récemment, Chimie Perspectives s’engage en matière de RSE et pour l’environnement. Cette ouverture fait également apparaître un nouvel élément chimique : un ballon duquel sortent des bulles, afin de vous rappeler que nous sommes là pour vous aider dans la réalisation de vos projets. Le bleu océan et le vert symbolisent notre engagement concret pour le développement durable au travers de l’orientation vers des études à impact positif sur la société. En parallèle de notre nouvelle charte graphique, le site internet sur lequel vous naviguez actuellement a été entièrement repensé. Plus clair et mieux expliqué, nous l’avons réalisé pour vous, afin que vous puissiez trouver en quelques instants les informations nécessaires à la réussite de vos projets. Vous pourrez également retrouver nos engagements, la présentation de notre équipe ainsi qu’une page blog pour vous présenter les actualités du monde de la chimie et des Juniors-Entrepreneurs. Rédacteur : [author] [author_image timthumb=’on’]https://chimie-perspectives.com/wp-content/uploads/2021/12/membrePlan-de-travail-6.png[/author_image] [author_info]Tom Le Gallo – Le Manach, Président 2021-2022 de la Junior-Entreprise de Chimie ParisTech-PSL, Chimie Perspectives[/author_info] [/author]
Interview de Delphine BOURLAND
« Ce que je vois, c’est un très fort engagement. » – Delphine Bourland, à propos de Chimie Perspectives Le 14 février 2022, dans la bibliothèque de Chimie ParisTech-PSL, nous avons eu l’occasion d’interviewer Mme Bourland ! Nous avons eu l’occasion d’interviewer Madame Delphine Bourland, enseignante à Chimie ParisTech-PSL depuis plus de dix ans. Elle a travaillé dans le domaine du reporting financier avant de rejoindre Chimie ParisTech-PSL, une école qui forme des ingénieurs chimistes de haut niveau. Mme Bourland décrit également ces ingénieurs comme généralistes, ils disposent de nombreuses compétences et ouvertures qui leur permettent de travailler dans de nombreux secteurs. Par ailleurs, cette enseignante participe au fonctionnement de la cellule APRES qui a pour objectif d’accompagner les étudiants de Chimie ParisTech-PSL dans l’émergence et le mûrissement de leur projet professionnel. Mme Bourland dispose par conséquent d’une bonne connaissance des parcours des étudiants ainsi que des associations de l’école. Nous en avons profité pour lui poser plusieurs questions sur Chimie Perspectives, la Junior-Entreprise (J.E.) de l’école. En quoi la Junior-Entreprise est-elle différente des autres associations de l’école ? D.B. : « Dans toutes les associations de l’école, on retrouve un développement des compétences transférables, notamment de la proactivité ainsi que de l’autonomie des étudiants sur des projets qui leur tiennent à cœur. » « Ce qui me paraît caractéristique de la J.E., c’est le développement de compétences professionnelles et la proximité avec le monde de l’entreprise. Ce monde est exigeant, mais cette proximité permet aux étudiants de déployer rapidement de nouvelles capacités pour répondre aux besoins de leurs clients. » Quelles sont les valeurs ajoutées de faire partie de la J.E. pour les administrateurs d’un point de vue managérial ? D.B. : « Le travail en équipe est au centre de la J.E., faire partie d’une J.E. c’est faire partie d’une équipe ! Cela permet par la suite de découvrir l’entreprise au service du client et d’acquérir de nouvelles compétences transverses. Chaque pôle possède ses propres caractéristiques associées à plusieurs soft skills et hard skills. Par exemple, le pôle présidence permet d’expérimenter la direction d’une organisation. Mais tout cela se réalise grâce au travail d’équipe. » Et pour les intervenants, quelles compétences développent-ils lors de leur participation à une étude ? D.B. : « La J.E. pour les intervenants, c’est l’opportunité de se professionnaliser au contact de la chimie ainsi que du processus de développement produit ! Tandis que pour tous les administrateurs, il est essentiel d’avoir une excellente connaissance des sujets scientifiques pour les mettre au service des clients. Cela développe de nombreuses aptitudes qui sont importantes pour la suite du parcours professionnel. » Au vu de nos prestations ainsi que de notre structure, dans quelle mesure la J.E. peut-elle intéresser les futurs employeurs ? D.B. : « Ce que je vois, c’est un très fort engagement. Travailler pour des entreprises, ça permet de monter en compétences très rapidement. Ce sont des prestations rétribuées donc ça challenge ! D’autre part, toutes les compétences liées à la réalisation d’une étude sont très importantes pour le monde professionnel : le lien étroit avec le client, la compréhension de la demande et la capacité à définir le besoin, le recrutement des étudiants pour les missions, s’assurer du pilotage des missions, respecter les critères de qualité ainsi que le développement du cycle financier. Ces différentes étapes forment et mettent dans le réel, c’est ce qui est très précieux pour moi. » Comment est-ce que vous envisagez l’évolution de Chimie Perspectives et des relations entre la J.E. et le service management ? D.B. : « Le partenariat dispose d’un essor depuis trois ans, notamment avec l’aide à l’organisation du séminaire RSE (Responsabilité Sociétale de l’Entreprise) pour les étudiants de première année. D’autres associations participent à cet engagement, comme Ecosciences (NDLR : l’association écologique de l’école) cette année, j’y suis très attachée. En effet, les sujets de RSE sont fondamentaux aujourd’hui, le besoin de trouver un équilibre entre l’économie, le social, le sociétal ainsi que l’environnemental est crucial. D’autre part, c’est cohérent pour les élèves lorsque nous travaillons en coopération entre les formations de l’école, les entreprises et les associations. C’est une logique de partie prenante qui est au cœur de la RSE, et je trouve que c’est une manière efficace de le réaliser et de le vivre. » De quelle manière qualifierez-vous l’évolution de Chimie Perspectives ces dernières années ? D.B. : « Ce n’est pas évident, la Covid a eu un impact qui a perturbé le fonctionnement pour les deux promotions précédentes. Ce que j’ai noté lors du mandat 2021-2022, c’est la manière dont vous nous avez sollicité en étant force de proposition. Vous avez notamment redéfini la stratégie de la J.E. en l’orientant RSE. » « J’ai senti le besoin d’être extrêmement professionnel dans le design du processus afin de cadrer le travail. Vous avez fait preuve d’imagination et de rigueur pour définir et mettre en place ces processus. » Un dernier mot sur l’importance de la J.E. au sein de Chimie ParisTech-PSL ? D.B. : « Je suis convaincue que c’est essentiel pour une école de disposer d’une Junior Entreprise visible et qui se développe, connue et reconnue par les entreprises clientes ! » Rédacteurs : [author] [author_image timthumb=’on’]https://chimie-perspectives.com/wp-content/uploads/2022/06/IMG_0106-2-scaled.jpg[/author_image] [author_info]Mathis Rannou, chargé de Développement Commercial 2022-2023 de la Junior-Entreprise de Chimie ParisTech-PSL, Chimie Perspectives[/author_info] [/author] [author] [author_image timthumb=’on’]https://chimie-perspectives.com/wp-content/uploads/2022/06/IMG_0149-2-scaled.jpg[/author_image] [author_info]Léa Gaonac’h, Présidente 2022-2023 de la Junior-Entreprise de Chimie ParisTech-PSL, Chimie Perspectives[/author_info] [/author]